Écologie

#PrayForAmazonia ou l’hypocrisie du monde

L’amazonie c’est quoi?

La forêt amazonienne avec une superficie de plus de six millions de kilomètres carrés est la forêt tropicale la plus grande et celle avec la plus grande biodiversité au monde. Elle représente 50 % des forêts tropicales du monde entier et elle couvre neufs pays ou territoires: Brésil (63 %), Bolivie (6 %), Pérou (10 %), Colombie (7 %), Équateur (1,5 %), Venezuela (6 %), Guyana (3 %), Suriname (2 %), Guyane française (1,5 %). Elle produit 15 % de l’eau des rivières et freine le changement climatique en absorbant le CO2. Sans oublier la richesse en espèces végétales et animales. L’Amazonie contient 10 % de toutes les espèces au monde. C’est le dernier refuge du jaguar, des harpies et de loutres géantes.

Un peu d’histoire

Pour faire simple, il y a très longtemps, vivaient en Amazonie des millions d’amérindiens qui périrent pour la majeure partie après l’arrivée des Européens (comme souvent). A l’époque on cultivait du riz, du manioc, de la canne à sucre, du cacao. À partir des années 70, les pays amazoniens et notamment le Brésil encouragent l’occupation et l’aménagement du territoire forestier afin de développer l’économie nationale. L’objectif principal était de constituer de grandes exploitations, de mieux contrôler les frontières et d’amener des populations pauvres sur les nouvelles terres.

Et la déforestation dans tout ça?

Dans les années 60, les colons commencèrent à créer des fermes à l’intérieur de la forêt basées sur la culture de plantes et l’agriculture sur brûlis (système  agraire dans lequel les champs sont défrichés par le feu puis sont cultivés pendant une période brève pour être ensuite mis en friche). Nous sommes au commencement de la déforestation.

Avant les années 1970, l’accès à l’intérieur de la forêt était difficile car aucune route n’y avait été tracée. La déforestation s’accéléra énormément après l’ouverture d’autoroutes au cœur de la forêt. Dans certaines régions indigènes, les sols n’étant pas productifs toute l’année, les cultivateurs se déplacèrent et défrichèrent de plus en plus.

Les causes

Aujourd’hui, on considère que l’élevage bovin et de cuir représente 80% de la déforestation dans la région, ce qui en fait le plus grand moteur de déforestation au monde. 70 % des terres qui étaient boisées dans le passé et 91 % des terres déboisées depuis 1970 sont utilisées pour les ranches des élevages bovins.

 Les déboisements dus à l’agriculture mécanisée sont devenus un moteur important de déforestation en Amazonie causés par des fermiers qui déboisent des terres pour y faire de l’agriculture vivrière.

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La création d’autoroutes dans la forêt est un point central de cette déforestation de l’Amazonie. La fin de la construction de ces routes fut suivie par une vague de relocalisation et eurent également un impact important sur la forêt.

Les conséquences

La conséquence la plus connue de la déforestation est la menace de la biodiversité. La forêt est un habitat très dense en biodiversité mondiale, certaines forêts étant même de véritables sources de biodiversité parmi les plus riches du monde. Qu’il s’agisse de mammifères, d’oiseaux ou encore d’insectes, d’amphibiens ou de végétaux, la forêt abrite des espèces parfois rares, souvent fragiles. En détruisant ces milieux naturels, ont menacent donc l’existence de ces espèces et cela peut avoir des conséquences importantes sur les équilibres naturels.

La déforestation fragilise aussi les sols. En effet, la présence d’une forêt tend à rendre le sol plus riche en matière organique, mais aussi plus résistant aux intempéries ou à l’érosion. De ce fait, lorsqu’un espace forestier et détruit, le sol se fragilise et rend l’écosystème plus vulnérable aux catastrophes naturelles comme les glissements de terrain ou les inondations.

La déforestation a aussi un impact très fort sur le changement climatique. Les arbres stockent du CO2 tout au long de leur vie. En détruisant ces arbres, on réduit donc la capacité de l’écosystème mondial à stocker du CO2. Moins d’arbres, c’est moins de CO2 absorbé et donc plus d’effet de serre. 

Et nous dans tout ça?

Avec l’hashtag #PrayForAmazonia, on a eu ces derniers temps une recrudescence de message « d’espoir » destinés à sauver l’Amazonie. Et je me suis demandée si une prière, seule, était vraiment la solution au problème. Chacun ses croyances et certains me diront que c’est important et je le respecte.

Mais prier sans agir, est-ce sincèrement utile? Critiquer nos politiciens pour le manque de réactivité et de prises de décisions ( critiques justifiées à mon sens) en restant derrière son ordinateur juste après avoir mangé une bonne côte de boeuf from Brasil, acheté un sac en cuir parce que c’est de meilleure qualité, fait plaisir à nos enfants en leur achetant un gros pot de Nutella (c’était une promo) où en ne buvant que du lait de soja sans se soucier de sa provenance est-ce réellement constructif et raisonnable quand on connaît l’enjeu écologique?

Notre façon de consommer est en majeure partie responsable de ce qui se passe dans cette forêt amazonienne. NOUS SOMMES TOUS RESPONSABLES. Alors, priez si cela peut soulager votre conscience, mais ne venez pas avec vos leçons de moral si vous n’êtes pas capables de changer votre façon de faire.

JE SUIS RESPONSABLE ET LE CHANGEMENT COMMENCERA QUAND JE CHANGERAIS MA FACON DE TRAITER CETTE TERRE QUI M’HEBERGE.

Thia

#jesuisresponsable

2 commentaires

  • Tetauupu

    Effectivement, tu pointes très justement notre responsabilité dans ce drame en Amazonie sans oublier la Sibérie et d’autres parties d’Afrique. Responsable aussi par notre mode de vie (profit du lucre, notre petit confort), responsable par notre inaction, responsable par notre hypocrisie et plus encore bien-sûr.
    Un coup de chapeau à toi Thia pour cet article.

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